
Face à la hausse des coûts de l’énergie et au renforcement des exigences environnementales, les entreprises doivent intégrer la performance énergétique dans leur stratégie. Le décret tertiaire, issu de la loi ELAN, impose une réduction progressive des consommations énergétiques pour les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m².
Cette réglementation fixe des objectifs : –40 % d’ici 2030, –50 % en 2040 et –60 % en 2050.
Plusieurs leviers permettent d’y répondre : amélioration du bâti, optimisation des équipements, pilotage énergétique ou production d’énergie renouvelable. Parmi ces solutions, le photovoltaïque constitue un levier pertinent, car il permet de réduire la consommation d’électricité du réseau.
Quelles entreprises sont concernées ? Quelles obligations faut-il respecter ? Et comment le solaire peut-il contribuer à atteindre ces objectifs ?
Le décret tertiaire, aussi appelé dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET), impose une réduction progressive de la consommation énergétique des bâtiments tertiaires existants. Il s’inscrit dans la loi ELAN adoptée en 2018. Le dispositif Éco Énergie Tertiaire est détaillé sur le site officiel du ministère de la Transition écologique.
Entré en vigueur en 2019, il concerne les bâtiments accueillant des activités tertiaires comme les bureaux, commerces, établissements d’enseignement ou bâtiments de santé.
bâtiments de santé.
Le décret fixe une obligation de résultat : atteindre des objectifs de réduction énergétique, tout en laissant aux entreprises le choix des actions à mettre en place (travaux, optimisation des équipements, pilotage énergétique ou énergies renouvelables).
Les entreprises doivent ainsi engager des actions dans la durée afin d’atteindre les différents objectifs fixés jusqu’en 2050.
Le décret tertiaire concerne tous les bâtiments à usage tertiaire d’une surface supérieure ou égale à 1 000 m², qu’ils appartiennent à des acteurs privés ou publics. Cela inclut donc un grand nombre d’organisations : entreprises, collectivités, établissements publics ou encore gestionnaires de patrimoine immobilier.
Sont notamment concernés les bâtiments accueillant des activités tertiaires comme :
La réglementation s’applique également aux bâtiments mixtes, dès lors que la surface totale dédiée aux activités tertiaires dépasse le seuil des 1 000 m².

L’obligation concerne à la fois :
La répartition des responsabilités dépend généralement des clauses du bail commercial, notamment concernant les travaux, l’exploitation des équipements ou la gestion des consommations énergétiques.
Dans certains cas, les différentes parties doivent donc collaborer pour définir une stratégie commune permettant d’atteindre les objectifs réglementaires.
Certains bâtiments ne sont pas concernés par le décret tertiaire, notamment :
Avant d’engager des démarches, il est donc recommandé d’identifier précisément les bâtiments concernés, en particulier pour les entreprises disposant de plusieurs sites ou d’un parc immobilier étendu.
Le décret tertiaire impose une réduction progressive de la consommation d’énergie finale selon un calendrier précis. Cette trajectoire énergétique vise à améliorer durablement la performance des bâtiments tertiaires tout en laissant aux entreprises le temps d’adapter leur stratégie.
Les objectifs sont définis sur trois grandes échéances, avec des niveaux de réduction à atteindre par rapport à une consommation de référence.
Les entreprises concernées doivent atteindre les objectifs suivants :

Ces modalités sont détaillées dans la présentation officielle du dispositif Éco Énergie Tertiaire publiée par les autorités publiques.
La première option consiste à réduire la consommation énergétique en pourcentage par rapport à l’année de référence. Cette méthode est souvent privilégiée par les bâtiments anciens présentant un fort potentiel d’amélioration énergétique.
Elle permet notamment de valoriser les actions progressives comme :
La seconde option consiste à atteindre un niveau de consommation énergétique exprimé en kWh/m²/an, déterminé selon la typologie d’activité (bureaux, enseignement, santé, commerce…).
Cette méthode peut être plus adaptée aux bâtiments récents ou déjà performants, pour lesquels une réduction importante par rapport à une année de référence serait plus difficile à atteindre.
Le décret prévoit également des possibilités de modulation des objectifs en cas de contraintes spécifiques, notamment :
Dans ces situations, un dossier technique peut être constitué afin de justifier l’adaptation des objectifs.
Ces obligations impliquent donc pour les entreprises de structurer dès maintenant leur stratégie énergétique, afin d’anticiper les échéances réglementaires plutôt que de devoir engager des actions dans l’urgence.
Le décret tertiaire impose également une obligation annuelle de déclaration des consommations énergétiques. Cette démarche permet aux autorités de suivre l’évolution des performances énergétiques des bâtiments concernés.

Les entreprises concernées doivent transmettre chaque année leurs données énergétiques sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME. Vous pouvez consulter directement la plateforme officielle OPERAT pour comprendre les démarches de déclaration.
Les informations à déclarer comprennent notamment :
Cette déclaration doit être effectuée chaque année avant le 30 septembre pour les consommations de l’année précédente.
Une fois les données transmises, la plateforme permet d’évaluer la progression vers les objectifs fixés. Une attestation annuelle est délivrée afin de suivre l’évolution de la performance énergétique du bâtiment.
Ce suivi impose donc aux entreprises de mettre en place un pilotage régulier de leurs consommations, afin d’identifier rapidement les actions nécessaires pour rester conforme aux objectifs réglementaires.
Malgré l’obligation réglementaire, de nombreuses entreprises prennent du retard dans leur mise en conformité, souvent à cause d’erreurs stratégiques évitables.
Voici les plus fréquentes :
Certaines organisations repoussent les actions en pensant que 2030 est encore loin. Pourtant, les projets énergétiques (audit, études, travaux, financement) peuvent nécessiter plusieurs années.
L’année de référence conditionne les objectifs à atteindre. Une sélection mal optimisée peut rendre les réductions beaucoup plus difficiles à atteindre.
Dans les bâtiments multi-occupants, l’absence de coordination entre bailleurs et preneurs peut bloquer certaines actions d’optimisation énergétique.
L’absence de déclaration peut entraîner des sanctions financières, même si des actions d’amélioration ont été engagées.
Engager des travaux sans audit énergétique préalable peut conduire à des investissements peu efficaces ou mal priorisés.
Une approche structurée, basée sur un diagnostic énergétique et une feuille de route claire, permet généralement d’éviter ces erreurs et d’optimiser les investissements.

Pour atteindre les objectifs fixés par le décret tertiaire, les entreprises disposent de plusieurs leviers d’action. L’approche recommandée repose généralement sur une combinaison d’actions techniques, organisationnelles et énergétiques permettant de réduire progressivement les consommations.
La première étape consiste souvent à identifier les sources de consommation énergétique grâce à un audit énergétique. Cette analyse permet de prioriser les actions les plus efficaces.
Les actions les plus courantes incluent :
Ces améliorations permettent de réduire durablement les consommations tout en améliorant le confort des occupants.
Le suivi des consommations énergétiques constitue un levier rapide à activer. Des outils de gestion énergétique permettent d’identifier les dérives de consommation et d’ajuster l’exploitation des bâtiments.
Cela peut passer par :
Ces actions permettent souvent d’obtenir des gains rapides sans travaux lourds.
Le décret tertiaire encourage également les entreprises à réduire leur dépendance au réseau en produisant une partie de leur propre énergie.
L’installation de panneaux photovoltaïques permet notamment de :
Cette approche permet d’agir directement sur l’un des principaux postes de consommation tout en contribuant aux objectifs réglementaires de réduction énergétique.
Une estimation préalable permet également d’évaluer les économies potentielles selon le profil énergétique du bâtiment, par exemple via notre simulateur solaire.
Parmi les solutions disponibles, le photovoltaïque constitue un levier particulièrement intéressant pour répondre aux exigences du décret tertiaire. Contrairement à certaines actions nécessitant des travaux lourds, la production d’électricité solaire permet de réduire concrètement la dépendance au réseau électrique.
L’autoconsommation photovoltaïque permet de consommer une partie de l’électricité produite sur site, ce qui réduit mécaniquement la consommation provenant du réseau.
Pour les entreprises dont l’activité se déroule principalement en journée, cette synchronisation entre production solaire et consommation énergétique permet d’optimiser l’impact sur les objectifs de réduction.
Produire une partie de son énergie permet également de limiter l’exposition aux variations du prix de l’électricité. Cette stabilité constitue un avantage stratégique dans un contexte de hausse des coûts énergétiques.
Le photovoltaïque devient ainsi un levier à la fois réglementaire et économique, permettant de réduire les charges d’exploitation tout en améliorant la performance énergétique du bâtiment.
La rentabilité d’un projet dépend toutefois de nombreux facteurs comme la consommation, la surface disponible ou le taux d’autoconsommation, comme expliqué dans notre analyse sur la rentabilité des panneaux solaires pour les entreprises.
Malgré ses avantages, l’installation de panneaux solaires représente souvent un investissement important pour les entreprises. Entre le coût de l’installation, les démarches administratives et les contraintes budgétaires, de nombreuses organisations reportent leur projet énergétique.
C’est notamment pour cette raison que de nouveaux modèles émergent afin de faciliter l’accès au solaire sans mobiliser de capitaux importants.
L’investissement initial reste l’un des principaux freins à la mise en place d’un projet photovoltaïque en entreprise. Entre le coût de l’installation et l’impact sur la trésorerie, certaines organisations hésitent à engager ce type de projet malgré les bénéfices énergétiques.
Des modèles alternatifs comme l’abonnement solaire permettent aujourd’hui d’accéder au photovoltaïque sans mobiliser de capital important.
Le principe repose sur un modèle simple : l’installation est financée par un opérateur, tandis que l’entreprise bénéficie directement de l’électricité produite.
Ce type de modèle permet notamment :
Cette approche permet ainsi d’intégrer une production solaire dans une stratégie énergétique sans immobiliser de trésorerie. Certaines solutions permettent par exemple d’équiper directement des bâtiments professionnels avec une offre solaire dédiée aux entreprises.

En produisant une partie de leur électricité, les entreprises peuvent réduire leur consommation énergétique globale, ce qui contribue directement aux objectifs du décret tertiaire.
Le photovoltaïque devient donc un levier complémentaire aux actions d’efficacité énergétique, permettant d’agir à la fois sur les coûts, la performance énergétique et les engagements environnementaux.
Le décret tertiaire impose aux entreprises concernées de réduire progressivement leur consommation énergétique selon un calendrier précis, avec un premier objectif fixé à –40 % d’ici 2030.
Pour respecter cette réglementation, plusieurs actions peuvent être combinées :
Anticiper ces obligations permet non seulement d’éviter les sanctions, mais aussi de réduire durablement les coûts énergétiques et d’améliorer la performance environnementale de l’entreprise.
Pour analyser le potentiel du photovoltaïque sur vos bâtiments (consommation, surface disponible, modèle d’investissement ou d’abonnement), échangez avec un expert SunLib en remplissant le formulaire de contact : Contacter SunLib
Qui est concerné par le décret tertiaire ?
Les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² occupés par des entreprises ou des acteurs publics.
Quelle est la première échéance ?
Une réduction de 40 % des consommations énergétiques d’ici 2030.
Le photovoltaïque permet-il d’atteindre ces objectifs ?
Oui, en réduisant la consommation d’électricité provenant du réseau grâce à l’autoconsommation.
Respecter le décret tertiaire devient ainsi un enjeu stratégique pour les entreprises qui veulent réduire leurs coûts énergétiques et sécuriser leur activité sur le long terme.